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q-tip

Notre génération est particulièrement choyée! Après avoir vu Guns N’ Roses renaître de ses cendres crasseuses et finalement lancer l’infecte Chinese Democracy, elle sera très prochainement témoin du lancement d’un autre album mythique (et infiniment plus intéressant) : Kamaal the Abstract du rappeur Q-Tip. En effet, l’artiste qui nous a livré ce qui, à mon avis, fût le meilleur disque hiphop de 2008 (The Renaissance) pourra enfin voir son album sur les tablettes des disquaires huit ans (Oui oui, 8 ans!) après avoir terminé son enregistrement!

À l’époque, Arista/BMG Records, le label de Q-Tip, avait refusé de distribuer l’album considérant qu’il n’avait aucun potentiel commercial. Tip, de son côté, probablement fort déçu d’Amplified, son premier album solo, tenait mordicus à sa liberté artistique. S’en suivi le classique combat entre le gars de marketing qui veut vendre des albums contre l’artiste qui n’en a absolument rien à foutre. Malheureusement, tout le monde perd dans cette histoire : le label, l’artiste et par-dessus tout, les fans.

Un artiste qui n’a pas le droit de distribuer son art, c’est normal?

Ce qui me fait littéralement badtripper dans toute cette histoire, c’est qu’un artiste puisse créer une œuvre dont il est particulièrement fier et se faire dire par un clown en veston cravate qu’il devra prendre son disque et se le fourrer dans le derrière. L’album appartenait au label, donc il était destiné à n’être jamais entendu. Pourtant, la plupart des critiques qui ont eu la chance de mettre la main sur une copie ont publié des commentaires forts positifs, ce qui n’a sûrement pas aidé Q-Tip à mettre de l’eau dans son vin. L’ancien membre de A Tribe Called Quest a d’ailleurs déclaré : « I am really disappointed that Kamaal wasn’t released. LA Reid didn’t know what to do with it; then, three years later, they release OutKast. What OutKast is doing now, those are the kinds of sounds that are on Kamaal the Abstract. Maybe even a little more out. Kamaal was just me, guerrilla ». Bref, l’artiste était convaincu que son album était innovateur et en avant de son temps, probablement avec raison.

Pourquoi se faire emmerder?

En 2009, est-ce que les maisons de disques ont toujours leur raison d’être? Elles représentent un intermédiaire de moins en moins utile pour un artiste qui souhaite diffuser son art. Aujourd’hui, si Q-Tip souhaite faire un album ou il fait des bruits de vaches pendant 60 minutes, il peut le faire, le rendre disponible sur le web et le diffuser pratiquement gratuitement. Et puisque Q-Tip est un artiste connu qui a plusieurs milliers de fans, il risque même d’en vendre quelques copies! Pourquoi alors risquer de se faire emmerder par un label?

Ce qui compte vraiment …

Q-Tip a bien résumé le problème dans la pièce Dance on Glass :
« The people at the label say they want something to repeat
But all my people really want something for the streets …
« .

Et dans le fond, c’est tout ce qui compte vraiment : que la musique soit entendue par les gens qui l’apprécient. Les fans de Q-Tip pourront enfin écouter un album qu’ils risquent fort d’apprécier et les visiteurs de LeSmog.com peuvent entendre 4 pièces de l’album. Finalement, tout le monde est gagnant, sauf les imbéciles d’Arista/BMG Records!

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