Dans un billet publié samedi dernier sur Cyberpresse, la chroniqueuse Nathalie Petrowski critique le Festival d’été de Québec qu’elle accuse de ne pas suffisamment promouvoir la culture francophone.
Le Festival étant en partie financé par des fonds publics, elle estime qu’il serait normal que l’événement offre une meilleure vitrine aux artistes de chez nous plutôt que de faire la part belle aux vedettes américaines.
La mission du festival ?
C’est une position qui se défend bien. Mais une question fondamentale m’est venue à l’esprit en lisant sa chronique. La réponse pourrait sans doute nous éclairer sur les choix qui sont faits par les organisateurs dans l’élaboration de la programmation.
La question que je crois qu’il faut se poser est la suivante: quelle est donc la mission du Festival ?
Analyser la programmation en fonction des objectifs
Car si le l’objectif du Festival d’été de Québec est de faire la promotion de la culture québécoise francophone, alors peut-être qu’il passe effectivement à côté de sa cible en déroulant le tapis rouge à Santana, aux Black Eyed Peas ou à Iron Maiden.
Mais si son but est plutôt de contribuer au rayonnement de la ville de Québec et de maintenir un certain niveau d’activité touristique durant l’été, alors je pense que Madame Petrowski a tort de monter aux barricades.
Pourquoi ? Simplement parce qu’au fond, le Festival d’été a clairement montré ses couleurs. Et dans son format actuel, il faut reconnaître qu’il marche à plein régime.
Les spectateurs sont au rendez-vous
La preuve, les gens se ruent sur les macarons dès qu’ils sont mis en vente. On parle des artistes qui vont nous visiter des semaines avant leur venue. Les fans jubilent. Et, signe que l’objectif d’attirer des touristes en ville est atteint, les rues de Québec deviennent quasi-impraticables durant cette période tellement il y a du monde.
Autant de succès avec des artistes locaux ? Pas sûr…
Est-ce que la réaction serait aussi forte si Marie-Chantal Toupin, Richard Desjardins, Pierre Lapointe ou l’éternel Paul Piché étaient les têtes d’affiche ? Bien sûr que non. Et je ne pense pas non plus que les gens afflueraient de la Nouvelle-Angleterre, des Maritimes, de l’Ontario ou même du Saguenay pour voir Eric Lapointe, Karkwa ou Les Cowboys fringants.
Les organisateurs l’ont bien compris, si on veut attirer des mélomanes, donner un peu de panache au Festival et contribuer au prestige de la ville de Québec, ce n’est pas avec des sensations locales qu’on va arriver à le faire. Il faut des artistes d’envergure et c’est là-dessus qu’ils misent depuis quelques années.
