Le dernier album du groupe électronique canadien Misteur Valaire vaut 2.99 $. C’est la conclusion à laquelle en arrive Guillaume Deziel, le gérant du groupe, après avoir fait la moyenne des montants déboursés par les internautes pour se procurer l’album en ligne.
Comme Radiohead l’a fait pour In Rainbows en 2007, les fans peuvent décider du montant qu’ils veulent donné pour obtenir Golden Bombay. Et dans 60% des cas, ce montant s’élève à 0 $.
La musique ne vaut plus rien ?
Sur son blogue (très intéressant en passant), le gérant de Misteur Valaire dévoile les montants que les amateurs qui ont payé ont déboursé pour obtenir leur copie de l’album. Les sommes varient entre 1 $ et 30 $.
Ne cherchez pas d’explication logique à cette variété de prix. Il n’y en a pas.
Un trippeux a probablement choisi de donner 30 $ parce qu’il est un inconditionnel du groupe. Quelques uns ont payé 10 $ parce que c’est ce qu’il leur en aurait coûté s’ils avaient voulu se le procurer sur iTunes. D’autres ont sorti un petit 5$, juste pour montrer leur appréciation envers Misteur Valaire…
Comment établir la valeur ?
Je n’aurais pas su combien donner moi-même. Tout simplement parce qu’il n’y a pas de bon montant. Et c’est pourquoi cette façon de vendre la musique va sans doute disparaître (à la place, les artistes pourront se créer des fondations et recueillir «les dons» des trippeux
).
Mais ce n’est pas parce que 807 des 1346 personnes qui sont allé chercher Golden Bombay sur Internet pensent qu’il ne vaut pas un sou que la musique de Misteur Valaire ne vaut rien et devrait être entièrement gratuite.
Au contraire, la preuve a été faite qu’il y encore des gens qui sont prêts à payer. Les quelques 1800 copies réelles de l’album qui se se sont écoulées dans les magasins en constituent la meilleure preuve.
Musique à vendre ou à donner
Ce que je pense qu’il faut retenir de cette expérience c’est que les artistes doivent mettre leur musique en marché selon un modèle hybride. On fait payer ceux qui sont encore prêts à le faire et on donne aux cheaps qui pensent que la création ne vaut rien.
Comme ça, on ne se prive pas d’encaisser les revenus potentiels de son album et on s’assure de toucher un public aussi large que possible.
Reste qu’en attendant de trouver LE moyen idéal de faire la piastre avec la musique, les artistes doivent continuer de diversifier leurs sources de revenus (concerts, produits dérivés, commandites, etc.) comme Radio Radio l’a fait lors de la sortie de Belmundo Regal (cliquez ici pour voir tout l’attirail de bébelles disponibles).
