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theRoots

Il y a peu de choses en ce bas monde sur lesquelles jAy et moi sommes d’accord. Le génie de The Roots est l’une de ces rares exceptions et nous avions tous les deux très hâte de revenir de vacances afin de passer le 9e album du groupe dans notre fameuse moulinette.

Textes

Baston : Black Thought nous livre sur ce nouvel album des rimes à la fois sobres et débordantes de pertinence (vous serez forcés d’aller voir ailleurs si vous voulez des textes qui parlent de se taper des “hoes” ou de sniffer de la colle). How I Got Over traite habilement de l’adversité et la ligne directrice est finement respectée tout au long de l’album.

Sur les premières pièces, les textes sont sombres et teintés de pessimisme comme sur Dear God 2.0. (“Why is the world ugly when you made it in your image?”) alors que How I Got Over, la pièce titre de l’album, est un message d’espoir qui donne le ton pour une 2e moitié d’album beaucoup plus positive (“Out on the streets, where I grew up, first thing they teach you is not to give a fuck, that type of thinking can lead you nowhere, someone has to care”).

jAy : Drôle que la plus grande vedette de The Roots ne soit pas le mc Black Thought mais plutôt le batteur ?uestlove. Le rappeur a pourtant une voix superbe et une habilité naturelle à jouer avec les mots et les mélodies. Pour moi la richesse de How I Got it over vient de la cohésion parfaite que l’on sent entre les rimes de Black Tought et les musiques de ?uestlove.

Production :

Baston : How I Got Over est un retour aux sources en bonne et dûe forme pour le collectif de Philadelphie qui nous offre un album beaucoup plus jazzy que ses prédécesseurs.  Encore une fois, le thème du struggle et son évolution à travers les pièces de l’album est respecté à la lettre: le début du disque laisse place au piano et à des sonorités plus sombres (les ambiances de Dear God 2.0. rappellent d’une certaine façon le Radiohead d’Amnesiac) alors que la deuxième moitié est plus chaleureuse et les pièces sont souvent accompagnées de cuivres et de bois comme sur la magnifique The Day.

The Day:

jAy : Oufff… pas sûr pour le retour aux sources. How I Got it Over ne se compare pas vraiment à Do you want more ?!? ou à Things Fall apart où on sentait que le groupe explorait toutes sortes de directions. Je ne me rappelle pas avoir senti une telle consistance dans la réalisation des précédents albums de The Roots. À l’exception de Web 20-20 (que je trouve insupportable), les ambiances sont toutes très feutrées, presque circonspectes. On est loin de l’exubérance des Proceed, Hot music ou Adrenaline.

Baston : Quand je parle de retour aux sources, je compare surtout les influences jazz, soul et funk de cet album comparativement au 8e album (Rising Down) qui était beaucoup plus « hiphop » au niveau de la production et de la structure des pièces (voir Rising Down, Get Busy, I can’t help it, I Will Not Apologize, etc.)

Originalité :

Baston : The Roots, de part leur sobriété et leur utilisation d’instruments plutôt que de samples, est l’un des groupes qui se démarque le plus de la scène hip-hop américaine. How I Got Over est un album concept qui jouit de la forte direction artistique du collectif. Plutôt que d’avoir l’impression d’écouter 14 singles comme c’est souvent le cas à notre époque, How I Got Over est un album réfléchi du début à la fin qui, à la manière d’un livre, nous raconte une histoire séparée en 14 chapitres.

jAy : Note à Baston : Je pensais que c’était moi le gars sérieux… mais j’aime ton commentaire. J’ajouterais simplement que The Roots n’a pas changé sa recette habituelle, donc pas de surprise.

Baston : The Roots = Serious Sh*t!

Conclusion :

Baston : How I Got Over n’est pas du calibre de Things Fall Apart, le classique de 1999, mais est définitivement plus intéressant que les derniers albums de The Roots. Tant au niveau des sonorités que des textes, ce disque est une véritable bénédiction pour tous ceux qui en ont plein le c*l du hip-hop populaire et de ses 1001 clichés.

jAy : Ouep, je suis d’accord pour dire que Things Fall Apart est dur à battre. Mais il faut reconnaître que, 11 ans après la sortie de ce classique, The Roots a conservé toute sa fraîcheur et sa pertinence. How I got it over est cependant un album plus mature. Je n’hésiterais même pas à le mettre pour accompagner un souper avec mes futurs beau-parents.

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