Je l’avoue, je pensais que Raekwon allait se planter. Son dernier album The Lex Diamond Story était tout à fait médiocre et quand je l’ai vu en spectacle l’an dernier à Québec, il m’avait donné l’impression d’avoir perdu la flamme…
Pourtant Only Build for Cuban Links 2 (OB4CL2) est un bon album qui contient suffisamment de perles pour nous faire revivre (pendant quelques instants) la belle époque du Wu-Tang Clan.
Les fans seront ravis
Je me questionnais dans un article précédent sur la capacité du Chef a livré un album à la hauteur des attentes (lire ici). Pour ne pas laisser la discussion inachevée, j’ai écouté et réécouté l’album afin de me faire une bonne idée. Et vous savez quoi ? Je pense sincèrement que le défi a été relevé.
Évidemment, OB4CL2 n’est pas à la hauteur du premier volet qui s’est hissé parmi les grands classiques du hip-hop américain. Je ne pense pas non plus qu’il obtienne un succès commercial significatif. Il réussit quand même à nous ramener à des ambiances très proches des belles années du Wu et juste pour cela, il vaut la peine qu’on s’y attarde.
Avis aux nostalgiques
Les New Wu, Black Mozart ou House of flying daggers ont de quoi satisfaire les nostalgiques. Vraiment, avec des chansons comme celles-là dans les écouteurs, on se sent presque revenus à l’époque de Forever, l’excellent album double que le Wu-Tang Clan avait lancé en 1997 (vendu à plus de 4 millions d’exemplaires aux USA).
Kiss the ring, construite sur un sample de Yellow brick road de Elton John, m’a quant à elle donné des frissons. C’est sur ce genre d’instrumental, à la fois sombre et pesant, que Raekwon est à son meilleur. Il n’y manque que Nas pour qu’on se sente complètement replongés dans le East Coast du milieu des années 90 !
Ason Jones et About me réalisés respectivement par J.Dilla et Dr.Dre sont également très réussies. Ça fait du bien d’entendre Raekwon rapper sur les compositions de ces deux autres légendes du hip-hop qui ont évolué dans des univers complètement différents.
Album un peu long
Voilà pour les meilleurs extraits.
Le reste de l’album manque à mon avis de mordant. La production ne rend pas toujours justice aux rimes habiles de Raekwon et on finit par s’ennuyer. La présence de Jadakiss, Beanie Siegel, Busta Rhymes et Slick Rick ne suffit pas à maintenir l’attention de l’auditeur.
Peut-être que OB4CL2 aurait gagné à être un peu plus court (20 chansons). Quoi qu’il en soit, il s’agit d’un retour réussi pour Raekwon sur les épaules duquel pesait une énorme pression.

